« Disques ou pas disques », telle est la question

Apparus sur le marché du vélo de route il y a quelques années déjà, les disques peinent encore à se faire une place dans le monde très fermé des routiers, aussi bien chez les amateurs que les pros.
Nous en entendons très régulièrement parler, c’est un débat qui anime de nombreuses réunions des différentes instances existantes dans le monde du vélo. On en entend tellement parler que ça a presque l’air d’être un produit révolutionnaire, mais n’oublions pas que les disques ont fait leur apparition il y a des années sur nos vélos.
Ce sont désormais des standards sur quasiment tous les VTT du marché, ils se sont également imposés sur les vélos de cyclo-cross, pour ensuite taper à la porte du cyclisme sur route.

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Dans ce contexte, le mot innovation n’a pas lieu d’être, ce mouvement s’inscrit plus dans une logique de continuité, mais il fait face à de nombreux opposants, pour des raisons diverses comme :

« Les freins à disques vont rendre mon vélo obsolète »

Certes, pour passer au freinage à disque, il n’existe pas encore de kit de conversion, vous devez donc sauter le pas en faisant l’acquisition d’un nouveau vélo. Mais il n’est pas possible d’affirmer que les marques ont introduit le système à disques pour créer une obsolescence des vélos à freins à patins. Il suffit de jeter un œil sur les collections actuelles pour s’en rendre compte, à ce jour la part belle est encore aux vélos à freins à patins.

« Cela n’apporte concrètement rien de plus »

Effectivement, les freins à disque ne vont pas vous aider à gagner une course, le but affirmé de leur introduction dans le marché est simple : plus de confort et plus de sécurité
Pour faire simple, le freinage devient plus puissant et en même temps plus progressif, donc vous vous arrêterez plus vite et surtout sans bloquer les roues (le vrai risque de chute vient de là).
Un des gros avantages qui en découle, si on se rapporte aux usages du cyclisme moderne, c’est la qualité de freinage sur tous les types de roues, y compris les roues carbone (je pense que nous avons tous fait l’expérience du freinage par temps de pluie avec des roues carbone… sensations garanties!).
Avec les freins à disques, vous freinerez quasiment aussi bien par temps sec que par temps humide (pour le coup la variable dépendra surtout de la qualité de vos pneus)
Enfin, beaucoup d’entre vous connaissent les effets d’une « surchauffe » des roues carbone sur de longues descentes. Cela n’a rien d’anormal mais ça met les roues carbone à rude épreuve.
Ce problème est moindre sur les disques étant donné que la surface de freinage est en acier et que les trous usinés sur les disques permettent une bonne évacuation de la chaleur.
Autant de raisons qui font au final que ce type de freinage est plus confortable et plus sécuritaire

« C’est dangereux en course »

Ce qui est dangereux n’est pas le disque en lui-même (A ce propos les éléments « tranchants » sur le vélo ne sont pas nouveaux : rayons plats, plateaux,…) , on a vu très peu de coupures dues à ces disques (soit-disant tranchants), une vidéo à d’ailleurs été mise en ligne pour rassurer les pratiquants à cet effet
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Quand on y réfléchit, ce qui est dangereux, c’est que les distances de sécurité ne soient pas les mêmes pour tous dans un peloton.
Lorsque la vitesse avoisine les 60km/h et qu’un événement imprévu vous demande de piler, si la personne juste devant vous met 2 secondes à s’arrêter et que vous, en mettez 5, forcément vous n’allez pas pouvoir l’éviter.

Le frein à disque a de plus été intégré dans le peloton professionnel sans cahier des charges précis pour les équipes et les marques de cycles (par exemple aucun test n’a été réalisé avec un peloton équipé à 100% de freins à disque).
Mais honnêtement, parmi les nombreux pratiquants du cyclisme sur route, combien le pratiquent en compétition et à haut niveau ?

Le problème avec le débat autour des freins à disque, c’est que l’on a diabolisé une avancée technologique en se basant sur les conséquences que peuvent avoir cette technologie sur des professionnels qui ont une manière bien particulière de rouler.
Nous ne sommes pas tous professionnels et la plupart d’entre nous roule seul ou en petits groupes, donc l’exposition au danger est différente.

On peut donc qualifier ce débat de faux débat, certes cela peut être dangereux pour des compétiteurs roulant à de vives allures en groupe (de plus, pour les pros, cela nécessite d’avoir différentes roues dans les voitures ou motos d’assistance) mais c’est surtout un grand gain en terme de confort et de sécurité pour les amateurs non compétiteurs !

A chaque pratique, son matériel. Les pros ont besoin d’un certain matériel et les amateurs d’un autre. Vous l’aurez certainement compris, mon prochain vélo sera donc à disques, quand on voit les petits bijoux désormais proposés par les marques il y a de quoi se laisser tenter !

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