La réglementation des freins à disques sur route

La réglementation des freins à disques sur route

 

Le sujet est de plus en plus abordé mais la réglementation n’est pas encore claire : l’utilisation des freins à disque nécessite un peu de clarté !

disque vélo wareega

 

Suite aux avancées technologiques niveau freinage, j’ai décidé de sauter le pas cette année en m’offrant mon premier vélo de route équipé de freins à disque, le GIANT TCR advanced SL 1 disc. En effet, peu à l’aise sur les routes humides, j’ai choisi ce changement de freinage avant tout pour pouvoir freiner dans n’importes quelles conditions.

Les débuts sur ma nouvelle jument ont plus que répondu à mes attentes ! En effet, meilleure efficacité du freinage qui est plus précis, plus net. Ce qui n’est pas pour me déplaire vu mon aisance technique dans les descentes… Et comme espéré, je me suis retrouvé bien plus à l’aise par chaussée mouillée. Et cerise sur le gâteau : le fait de bénéficier d’axe traversant, la rigidité des roues est améliorée lorsque l’on se met en danseuse ! Le vélo parait encore plus nerveux, et j’ai l’impression d’avoir plus de giclette dans les sprints (ce qui ne fait pas de mal vu mes qualités de sprinter proches du néant…). Et justement le moyen de confirmer ou non cette impression, c’est en partie de reprendre la compétition ! J’ai effectivement eu envie de reprendre la compétition uniquement pour le plaisir, avec ma nouvelle monture. Et c’est là que les problèmes commencent…

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Suite à ma décision de m’aligner sur l’Etape du Tour, et de prendre une licence, je me suis renseigné sur la réglementation concernant l’utilisation des freins à disques. J’ai vite vu la complexité du sujet et les incohérences qui en découlent…

Cyclisme professionnel : l’UCI (Union Cycliste Internationale) autorise l’utilisation des freins à disques en compétition à titre expérimental.

Cyclisme amateur : l’UCI ne souhaite pas pour le moment se positionner au niveau international sur ce type de freinage et laisse donc chaque fédération libre de valider ou non les freins à disques. La réglementation peut donc être différente d’un pays à l’autre (Canada par ex etc…)

En France, c’est la FFC (fédération française de cyclisme) qui régit la pratique du cyclisme et notamment sur l’utilisation des freins à disques. Voici ce que dit l’article réglementaire :

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En résumé :

  • Cyclosportive (appelée aussi épreuve de masse) : autorisé
  • Cyclisme en compétition (quelle que soit la catégorie) : interdit

Un coup de fil au comité régional, et on me donne la confirmation que cette loi est bien en vigueur depuis avril 2016. Bien que des commissaires ont pu déjà tolérer des coureurs au départ de courses avec des vélos freins à disque, cet usage est interdit et peut donc faire l’objet d’une interdiction de prendre le départ.

 

Quelles sont les raisons de cette interdiction ?

Officiellement, la raison est la sécurité : les disques seraient tranchants en cas de chute (collective notamment)… De mon avis, les dents d’un plateau ou des rayons plats feraient autant de mal qu’un disque en cas de chute ! D’autant plus que les nouveaux disques sont plus petits, moins ajourés etc… En résumé selon le réglement, les chutes sont plus tolérées lors de cyclosportives qu’en compétition (ironie)…

Les coureurs de cyclo-cross ou de VTT sont tous en freins à disque et il ne me semble pas avoir vu pour le moment d’incidents liés aux disques…

Certains diront également que le risque est de voir en compétition des coureurs en freins patins et d’autres à disques : la distance de freinage serait donc différente d’un coureur à l’autre en cas de freinage d’urgence. Pour moi c’est un faux problème car il y a déjà des différences entre un coureur freinant sur roues aluminium ou un autre freinant sur roues carbone.

 

Pourquoi utiliser les freins à disques ?

C’est le comble, mais pour moi l’avantage premier des freins à disques est la sécurité !! En effet, quelle que soit la météo (pluie etc…), le freinage via freins à disques ne sera jamais altéré contrairement au freinage patins capricieux sur chaussée humide. C’est ainsi qu’on pourrait diminuer de façon considérable le nombre de chutes en course par temps pluvieux ! De plus, comment ne pas légitimer les freins à disques pour une descente de cols ? Virage serré, arriver à trop grande vitesse, le freinage à disque répondra toujours contrairement au freinage classique qui sera moins puissant. De plus, en étant en disque, on ne risque pas de casser son câble de frein

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Autre avantage : l’usure des jantes est inexistant dans la mesure où elles sont moins sollicitées (alors que la bande de freinage sur roue classique se creuse avec le temps par le frottement des patins), les disques absorbent en totalité le freinage.

 

Outre ces aspects « pratiques » il semble y avoir une vraie passe d’armes entre les fabricants de vélos (intérêt commercial) et les instances fédérales (qui ne se mouillent pas). Néanmoins, le contexte actuel tend à penser que dans les mois à venir (ou années au pire), la réglementation évoluera pour autoriser cette nouvelle technologie qui apporte confort et sécurité, comme cela fut déjà le cas pour le VTT par le passé. On espère au moins une réglementation homogène et non différente d’une pratique à l’autre.

 

En attendant, j’utiliserai mon TCR à disque pour l’étape du Tour, mais je dois trouver un plan B pour les compétitions et me réhabituer au freinage patins… Et j’invite chacun à tester un vélo de route frein à disque (via vélo test) pour se faire sa propre opinion.

 

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