Ça va être tout noir !

Avec cet hiver qui s’approche à grands pas et le changement d’heure récent, il me paraît tout à fait naturel de commencer mon premier article sur le blog des Baroudeurs, en vous parlant de l’éclairage.

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Dans cet article, je vais donc éviter de manquer de lumière, et ainsi, tâcher de vous éclairer afin de comprendre son bon fonctionnement et son intérêt.

Que la lumière soit ! Et la lumière fut

Même si bien des cyclistes préféreront investir dans un Home Trainer afin de pouvoir rouler au chaud, c’est là que l’éclairage prend tout son sens, en permettant de s’affranchir de la tombée de la nuit pour continuer à rouler en toute sécurité. Mais tous les éclairages ne se valent pas, il est important de bien choisir son éclairage si l’on souhaite rouler longtemps de nuit. Que ce soit au petit matin, qu’il y ai du brouillard, de la neige, des fortes pluies(surtout par ici) que l’on passe dans un tunnel, à la tombée de la nuit ou en pleine nuit, tous les cyclistes sont gris. Ou presque.
Et un cycliste que l’on de distingue pas, et bien c’est un cycliste en danger !

Voir et être vu, c’est plus que réglementaire, c’est tout bonnement vital..

On croit souvent que nous n’avons pas besoin d’éclairage car nous sommes vus grâce aux éclairages publics, les vitrines des magasins, ou tout simplement parce qu’il ne fait pas nuit noire. Or, un cycliste sans éclairage n’est pas visible. Il faut savoir qu’en 2013, 17% des accidents mortels de cyclistes ont eu lieu la nuit d’après la prévention routière.

À côté de la puissance des feux des voitures ou des deux-roues motorisés, le cycliste est en fait très défavorisé par la faible puissance et le manque de fiabilité de son éclairage actif.

On connaît tous l’exemple typique que lorsque l’on roule en voiture de nuit et que l’on veut dépasser un cycliste avec pourtant un éclairage adéquate, mais que l’on croise une voiture avec ses phares allumés au même moment , on ne distingue alors plus aussi bien le cycliste que si on suivait une voiture ou une moto. N’est-ce pas ?

Les deux photos ci dessous ont été prises en agglomération depuis une voiture, feux de croisement allumés. Le cycliste voit la rue et les voitures, mais les automobilistes ne verront pas le cycliste à temps s’il n’est pas correctement équipé.

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This is the Law !

Il me semble judicieux de vous rappeler la réglementation sur le code de la route concernant l’éclairage des vélos.

Pour les cycles, ces dispositifs sont fixés aux articles R.313-4, R.313-5,  R.313-18, R.313-19 et R.313-20.

Les articles R313-4 et 5 du code de la route imposent un éclairage sur les vélos uniquement de nuit ou lorsque la visibilité est insuffisante.

Feux de position avant (R.313-4 X):

« La nuit, ou le jour lorsque la visibilité est insuffisante, tout cycle doit être muni d’un feu de position émettant vers l’avant une lumière non éblouissante, jaune ou blanche. »

Feux de position arrière (R.313-5 V):

« La nuit, ou le jour lorsque la visibilité est insuffisante, tout cycle doit être muni d’un feu de position arrière. Ce feu doit être nettement visible de l’arrière lorsque le véhicule est monté. » Il sera de couleur rouge.

Catadioptres arrière (R.313-18 V):

« Tout cycle doit être muni d’un ou plusieurs catadioptres arrière.» Il sera de couleur rouge ou orange.

Catadioptres latéraux (R.313-19 V):

« Tout cycle doit être muni de catadioptres orange visibles latéralement. »

Catadioptres latéraux (R.313-20 III à V):

III. « Les pédales de tout cycle doivent comporter des catadioptres, sauf dans le cas des cycles à deux roues à pédales rétractables. »

IV. « Tout cycle doit être muni d’un catadioptre blanc visible de l’avant. »

V. « Tout cycle peut comporter à l’arrière et à gauche un dispositif écarteur de danger. »

Cette vidéo illustre parfaitement la nécessité de s’éclairer à vélo, elle montre également ce que voit un automobiliste la nuit :

Image de prévisualisation YouTube

En bref, ce qui est O-BLI-GA-TOIRE :

  • Éclairage fixe : feu avant blanc ou jaune et feu arrière rouge
  • Éclairage passif : catadioptres avant blanc et arrière rouge, réflecteurs de roues (ou pneus à flancs réfléchissants), et réflecteurs de pédales
  • Depuis octobre 2008, de nuit et hors agglomération, le gilet fluo ou vêtement équivalent.

Bon à savoir : Sans éclairage, le cycliste est passible d’une contravention de 1ère classe (amende forfaitaire de 17€, pouvant atteindre 38€ après majoration).

Essayons donc d’y voir plus clair.

Quelle puissance lumineuse ai-je besoin ?

Le code de la route français ne précise pas la puissance d’éclairement ni la source d’alimentation électrique de celui-ci. Un éclairage peut très bien être approuvé selon les normes, mais être à la fois insuffisant.

Par exemple les normes allemandes imposent un éclairage d’au moins 10 lux à 10 mètres. Dans la pratique, 0.5 Lux correspond approximativement à une nuit de pleine lune. Donc pour bien voir votre chemin sur des routes mal éclairées, vous aurez besoin d’au moins 20 Lux. De nuit dans un centre ville bien éclairé, un phare de 4 Lux peut être suffisant, à vous de juger vos besoins, mais n’oubliez pas de vous faire voir !

Pour vous aider à visualiser ces différences, voici des essais dans un tunnel la nuit.

tunel-10-lux.jpgÉclairage tunnel 10 lux

tunel-25-lux.jpgÉclairage tunnel 25 lux

tunel-40-lux.jpgÉclairage tunnel 40 lux

L’éclairage actif :

L’éclairage actif est un dispositif émettant sa propre lumière grâce à une source d’énergie embarquée (dynamo, pile, batterie, dispositif inductif, etc.). L’objectif de l’éclairage actif est de voir et aussi d’être vu. Aujourd’hui tous ces éclairages sont électriques. Il existe plusieurs types d’éclairage, à choisir en fonction de sa pratique.

Sigma Powerled Evo retouchéVu d’une Sigma Powerled Evo

1. Diode électroluminescente (DEL, en anglais : Light-Emitting Diode, LED) phares halogènes et lampes ordinaires

À l’arrière, un feu à diodes rouges est une bonne solution : il est puissant, économe en énergie, fiable, peu coûteux et facile à trouver chez votre vélociste. Néanmoins le faisceau des diodes étant plus étroit, la visibilité latérale n’est pas aussi efficace qu’avec une ampoule.

À l’avant, à vous de choisir. Pour être vu, les nouveaux phares à DEL blanches puissantes (3 W) sont plus efficaces que les anciennes lampes à ampoule.

Si vous empruntez des routes mal éclairées, les phares halogènes (> 20 Lux) sont plus efficaces que les simples ampoules. Mais attention, si vous avez des piles ou des batteries, la durée d’autonomie est très faible (quasiment au bout d’une semaine en usage quotidien) car elles consomment beaucoup d’énergie. Il existe des dispositifs présentant des batteries attachées au cadre du vélo(certains d’entre vous on pu les tester lors du week-end barbecue organisé par le magasin). Ils sont plus lourds, mais indispensables sur des parcours en rase campagne.

2. Dynamo et Piles / Batteries

– Dynamo

Si le vélo est utilisé régulièrement, il est préférable que la lampe fonctionne à l’aide d’une dynamo. Contrairement aux éclairages amovibles, le cycliste peut la laisser à demeure sans risquer d’user les piles ou la batterie et sans se la faire voler.

Principal inconvénient : l’éclairage se coupe quand vous êtes à l’arrêt (ou se réduit à très faible vitesse) Cependant, certains éclairages sont équipées de la fonction « feu de position » qui permet de maintenir la lumière allumée même lorsque le vélo est à l’arrêt, grâce à un petit accumulateur placé au niveau des phares. Cette fonction très utile permet au cycliste d’être visible lorsqu’il attend à un carrefour ou à un feu.

Enfin, il existe des dynamos dans le moyeu : un peu plus lourdes, mais inusables et ne craignant pas la pluie et autres projections (branches, poussières, etc.).Elles produisent de l’éclairage même à faible vitesse, pilotent l’éclairage en fonction de la luminosité et tournent aujourd’hui quasiment sans frottements mécaniques.

– Piles / batteries

Les piles constituent une bonne solution si vous roulez peu la nuit. Pour les cyclistes quotidiens, les batteries s’imposent. Préférez des batteries indépendantes aux lampes combinées avec un accu incorporé. Il existe des batteries rechargeables via un port USB, et même grâce à un système de recharge solaire.

Ce que je vous recommande :

  • Pour l’utilisation quotidienne en ville sur un VTC ou un vélo urbain, une dynamo au moyeu, car leur rendement est exceptionnel, avec une résistance au roulement insignifiante, 300 Lumens minimum. Exemple : Avant et arrière : Origine sur le vélo,ici un Giant Aéro CS2 ou montage à la carte avec un moyeu dynamo

  • Pour une utilisation en VTT, ou des sorties nocturnes, un ensemble éclairage avec batterie possédant une bonne autonomie, et pourquoi pas une batterie de secours, doté d’une DEL, 500 Lumens minimum. Exemple : Avant : Lezyne Deca drive Arrière : Lezyne Zecto drive

  • Pour une utilisation occasionnelle en vélo sur route éclairée , les lampes à DEL d’une durée de vie quasi infinie, insensible aux chocs, légères et compactes, optez pour une recharge via USB, 200 Lumens minimum. Exemple : Ensemble avant et arrière : Lezyne Macro et Micro

  • Tout autre élément qui souligne la visibilité.

    L’éclairage passif :
  • L’éclairage passif est un dispositif renvoyant naturellement la lumière dans la direction d’où elle vient, ne nécessitant pas sa propre source d’énergie. Il permet d’être vu.

  • 1. Les équipements obligatoires

    Un catadioptre est un accessoire en plastique transparent contenant des cellules rétro réfléchissantes.

    Les catadioptres avant (blanc), arrière (rouge), sur les roues et sur les pédales (orange) sont obligatoires. Il existe également des pneus avec flancs rétro réfléchissants qui dispensent d’avoir des catadioptres de roue.

    2. Les équipements recommandés

    Il est conseillé de porter des équipements recommandés car ils accroissent la visibilité à vélo.

    – Le gilet réfléchissant :

  • Depuis le 1er octobre 2008, le port du gilet de haute visibilité est obligatoire hors agglomération la nuit ou lorsque la visibilité est insuffisante. Sans cet équipement, le cycliste est passible d’une contravention de 2ème classe (amende forfaitaire de 35 €, pouvant atteindre 150 € après majoration).

    Si vous portez un sac à dos, portez votre gilet fluorescent au-dessus du sac. Certains sac/sacoches sont équipés de surfaces réfléchissantes, ou de sur-sacs, c’est l’idéal !

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    – Les vêtements réfléchissants

    Ils permettent d’être repéré à 150 m (contre 50 m en portant simplement des vêtements de couleur claire). Les vêtements avec des éléments réfléchissants et les accessoires de qualité doivent porter la label CE. S’ils portent en plus les normes EN 1150 – EN 13356 –EN 471, ils correspondent aux normes européennes.

    Mais souvent on est sensible à son apparence, on hésite à mettre son gilet de visibilité de peur du ridicule…

    Aujourd’hui, des efforts sont faits pour être beau à vélo et venir à bout du style travaux publics ! Il faut tout de même vérifier avant l’achat s’ils sont bien homologués. Lorsque l’on s’équipe en vêtements, on doit y penser, sinon on devra ajouter un gilet par-dessus, ce qui n’est pas des plus ergonomique !

  • Les autres accessoires réfléchissants

  • Je vous recommande d’avoir des accessoires réfléchissants pour rester visible en cas de panne de votre éclairage, ou pour être visible de plus loin sur une route particulièrement dangereuse comme on en trouve parfois encore en sortie d’agglomération.

  • L’équipement du vélo :

  • Je vous recommande d’équiper en priorité le vélo. Les accessoires rétro-réfléchissants sont peu onéreux, légers, fiables, très efficaces, et on ne risque pas de les oublier. Choisissez ce qui est le plus pratique pour vous :

  • Écarteur de danger, qui comporte également des catadioptres. Il a également pour fonction d’inciter les motorisés à garder la distance latérale obligatoire lorsqu’ils dépassent un cycliste (1 m en agglomération, 1,50 m hors agglomération).

  • – Pince à vélo réfléchissante : préférez les slap wrap à enrouler autour du bas de votre pantalon.

  • – Adhésif réfléchissant à coller sur le cadre, les garde-boues, la tige de selle, le guidon, etc. : c’est la solution la plus discrète.

  • – Cercle réfléchissant dans les rayons ou bâtonnets de rayons.

  • Pneus à bande réfléchissante.

  • L’équipement du cycliste :

  • Il existe aussi des accessoires à porter qui sont un bon complément à l’équipement du vélo, pour augmenter la surface visible, même s’ils sont plus contraignants :

  • – Brassards réfléchissants à enrouler autour du bras ou de la cheville

  • – Sacoches ou sacs à dos avec bandes réfléchissantes.

  • Camelbak-Hydrobak-1.5 2Sac à dos Camelbak Hydrobak

  • Casque de couleur visible, certains modèles ont des diodes rouges clignotantes intégrées à l’arrière du casque

  • – Pour les écoliers : cartables avec des bandes rétro réfléchissantes ou sur sacs

  • – Petites lampes d’appoint, lampes frontales : de nombreux produits à DEL foisonnent actuellement sur le marché : lampes qui s’accrochent au porte bagages, sur les bagages, vêtements, sacoches, remorques, casques, porte-clés… La durée de vie n’est pas toujours au rendez-vous. Choisissez des modèles à piles rechargeables type AA (LR6) ou AAA (LR3) plutôt que celle à piles boutons pour vous donner plus d’autonomie dans la gestion des éclairages, surtout si vous avez plusieurs membres de la famille à équiper.

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    • Conclusion :
    • Pour les cyclistes, la nécessité est double: voir et être vu. Il s’agit bien là d’être visible des autres usagers de la route, grâce aux équipements d’éclairage passif mais aussi de voir l’espace sur lequel ils circulent à l’aide d’un équipement d’éclairage actif. C’est essentiel sur les routes de campagne non éclairées, les chemins de randos aux quelles vous pourriez être surpris par la nuit tombant rapidement, les randos nocturnes, mais aussi en agglomération où, pour des raisons économiques et de développement durable, l’éclairage tend à être diminué.

    • En s‘équipant correctement, le cycliste réduit considérablement le risque d’accident grave.

    • Je termine cet article sur l’éclairage par une phrase toute simple, mais pratique : Rien ne vous empêche d’avoir plus que le minimum légal pour être bien visible à vélo.

      Alors amis cyclistes, brillez !

      Pour toutes questions concernant les homologations et les droits ou autres, vous pouvez me les transmettre, de plus, si vous voulez que l’on effectue un test, faites le moi savoir, et je vous y répondrais avec grand plaisir.

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